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mouvement gothique
mai 2006
mouvement gothique / jeunes
L’univers inquiétant des jeunes « gothiques », La Croix, Marie Boëton, 03.05.2006
Derrière une apparence macabre, les jeunes gothiques adoptent des conduites variables. Certains se scarifient tandis que d’autres se rapprochent « dangereusement » du culte de Satan. Leur « esthétique » reflète leur état d’esprit « sombre et désespéré ». Héritiers du « romantisme noir », ils vivent intensément leurs problèmes existentiels et parfois, la mort est perçue comme une délivrance. Certains d’entre eux s’adonnent à des conduites à risques. L’attention que leur accorde les adultes qui en sont responsables restent dans tous les cas primordiale.
octobre 2005
Mouvement gothique
Les paumés de la nébuleuse gothique in La Vie, Yann Laurent, 13.10.2005
Le journaliste a enquêté sur cette nébuleuse, s’est immergé dans les lieux où les gothiques se retrouvent et s’est entretenu avec certains d’entre eux. Ne serait-ce que passer une après-midi dans le quartier des Halles, à Paris, a été très instructif. Certains adolescents semblent s’afficher gothiques uniquement « pour l’esthétisme » ou victimes de la « tendance » en vogue. Parmi eux cependant se détachent des personnalités « plus sombres et mélancoliques » telle Laure, 14 ans, qui, singulièrement, trouve des réponses aux questions qu’elle se pose dans la « lecture assidue » de récits vampiriques et juge « pénible de voir des gens heureux ». Ou bien encore Clémence, rencontrée au cours d’une soirée « à mi-chemin entre bal costumé et veillée funèbre » qui déclare que « le gothique te permet de garder la tête hors de l’eau dans les pires moments mais t’empêche ensuite de regagner la terre ferme… ».
La musique black metal, « satano-fascisante », née en Scandinavie dans les années 1980 et qui prône la domination et la destruction, rencontre un succès grandissant auprès de jeunes plus « tourmentés » ou influençables, les plongeant dans « un délire morbide » où « le suicide est une libération et la vie, un suicide ». A l’instar de Marion et Virginie, peut-être, les deux collégiennes qui, en septembre dernier, se sont jetées du 17ème étage d’une tour à Ivry-sur-Seine (Val de Marne).
Dans son rapport 2005, la MIVILUDES rappelait le danger du satanisme qui gagne « une forme de respectabilité » et étend son influence auprès de jeunes « à la faveur de concerts et de soirées » Le danger vient également de ceux qui jouent les interfaces entre « sectes et collégiens ». La musique n’est pour eux qu’une « couverture « , leur objectif étant de recruter pour des groupuscules satanistes.
Petit éclairage pour les non initiés
Il importe de distinguer deux grandes familles : les néogothiques tendance mélancolique et les néométalleux tendance violente.
Voir « Satanisme et Vampirisme », Paul Ariès, Golias, 2004 - http://www.unadfi.org/bibliographie/
juin 2005
Mouvement gothique / jeunes
Les parents désarmés face à la génération gothique in Le Figaro, Delphine de Mallevoüe, 28.06.2005
L’appartenance au mouvement gothique se vit de façon diverse : tendance médiévale, vampiriste ou satanique… Paul Ariès, auteur d’un récent ouvrage « Satanisme et vampyrisme, le livre noir »* le confirme. Il s’agit d’ « une nébuleuse où il y a mille catégories et mille nuances » mais répète-t-il, « les gothiques n’ont rien à voir avec les véritables mouvements sataniques et lucifériens ». Même l’utilisation de symboles sataniques relève d’un jeu, esthétique et protestataire.
Paul Ariès considère les gothiques plus comme « des enfants en souffrance que de dangereux énergumènes ». Le monde ne les fait pas rêver. Ils peuvent alors céder à des penchants morbides et auto-destructreurs.
Note de l’UNADFI : Dans le dernier rapport de la MIVILUDES, il n’est pas écrit que « les gothiques » sont un « mouvement sectaire » ainsi que l’écrit l’article du Figaro.
Mouvement gothique
Faut-il avoir peur des gothiques ? in Le Point, Chritophe Ono-dit-Biot, 02.06.2005
Epinglés comme « satano-gothiques »( ?), « les gothiques sont en colère »…
Né sur les cendres du mouvement punk des années 80, popularisé par la musique des Cure et remis au goût du jour par Marilyn Manson, leur mouvement est en pleine expansion.
Héritiers de Baudelaire et de Lautréamont, les gothiques « professent une forme de contestation à la fois apolitique et areligieuse », refusent tout ce qui est en vogue, restent élitistes, ne serait-ce que par les contraintes financières qu’ils s’imposent. Ainsi les bottes cloutées de rigueur coûtent 200 euros.
mars 2005
mouvement gothique
Satan, prince des «gothiques » in Le Monde de l’Education, Julie Chupin, mars 2005
Lors de la présentation de son rapport 2004, la MIVILUDES mettait en garde l’ensemble de la communauté éducative face à « la pénétration des idées satanistes dans les franges ado-lescentes » notamment au travers du gothisme.
Les jeunes gothiques ne chercheraient-ils qu’à provoquer « le monde des adultes » ? C’est en tout cas la thèse avancée par le psychologue Christophe Allanic. Pour lui, Satan a tout pour séduire l’adolescent car il reste la représentation, entre autres, de « la liberté absolue » (1).
Le politologue Paul Ariès, auteur d’un ouvrage récent « Satanisme et vampyrisme. Le Livre noir » (2) écrit que le satanisme moderne vise à choquer « pour faire tomber les masques de notre société ». Il s’inquiète de la « prédominance de la nébuleuse satano-gothique dans les établissements scolaires » et du risque de glissement de cette simple adhésion à une « culture marginale » vers une « intégration dans des réseaux plus organisés ». Les adeptes les plus fragiles peuvent alors dériver jusqu’au suicide. Comme ce jeune Nîmois qui en 2001 avait mis en scène sa propre mort.
(1) Lire l’article de Christophe Allanic dans la revue de l’UNADFI, Bulles n° 74.
(2) Editions Golias, 2004.
satanisme / gothisme / jeunes
Le Mal adolescent in Le Monde des Religions, Isabelle Francq, mars-avril 2005
Les « gothics » se réclament de la culture Goth, née en Angleterre dans les années 70/80. Ils auto-alimentent une « forme de tristesse roman-tique », un « dandysme vénéneux qui flirte avec la mort et le soufre ». Les gothics restent cependant minoritaires et « inoffensifs » mais ils incarnent la nouvelle génération attirée par l’au-delà et l’occultisme.
Quant aux satanistes, contrairement aux gothics, ils ne cherchent pas à se faire remarquer, remarque Jacky Cordonnier, spécialiste des groupes satanistes et qui se consacre à la prévention. Christophe Allanic, psychologue-clinicien, explique pour sa part que le satanisme reste une pathologie pouvant entraîner des passages à l’acte : automutilations, sacrifices d’animaux, tortures… . « Les signes n’apparaissent pas forcément au grand jour ».
La crise d’opposition qui se vivait auparavant sur la scène politique à l’adolescence (trotskisme, mouvement hippie…) s’est ainsi déplacée sur le terrain plus ou moins « démoniaque ». Les sociologues parlent du « retour du refoulé ». La faute à la mort, occultée de nos sociétés ? D’autres commentateurs parlent d’une société trop individualiste et angoissante qui pousse à chercher refuge dans « des mondes virtuels ». Les jeunes qui ne se voient aucun avenir peuvent aussi s’exprimer à travers le « metal », une musique violente et surtout, le « black metal ».
Différentes formes du satanisme ont existé. La dernière en date a commencé avec l’Eglise de Satan fondée aux Etats-Unis en 1966, auteur de La Bible de Satan, « best-seller reconnu par toutes les organisations satanistes ». A la suite d’une scission, Michael Aquino fonda le Temple de Seth, spirituellement attaché au nazisme et qui « prône un ésotérisme noir ». Paul Ariès, politologue à Lyon II [et auteur de l’ouvrage « Satanisme et vampyrisme – le livre noir ] en compte entre deux et six mille membres dans l’hexagone.
Les groupes satanistes sont en augmentation en France et certains sont dangereux comme « Charlemagne Hammer Skin » qui a profané un cimetière à Toulon en 1996.